C'est le conseil le plus donné du moment : vous ne voulez pas que les IA lisent votre site, ajoutez quelques lignes dans votre robots.txt, et le problème est réglé. Le fichier est présenté comme un interrupteur, et l'affaire semble close.
Elle ne l'est pas, et la démonstration ne demande aucune expertise : il suffit de lire les documentations des éditeurs concernés. Ils écrivent eux-mêmes qu'une partie de leurs accès passe outre.
Google, dans la page qui liste ses récupérateurs déclenchés par un utilisateur :
« User-triggered fetchers are initiated by users to perform a fetching function within a Google product. [...] Because the fetch was requested by a user, these fetchers generally ignore robots.txt rules. »
Ma traduction : les récupérateurs déclenchés par l'utilisateur sont initiés par des utilisateurs pour réaliser une récupération dans un produit Google. Parce que la récupération a été demandée par un utilisateur, ces récupérateurs ignorent généralement les règles du robots.txt. Source : Google, « List of Google user-triggered fetchers », developers.google.com, dernière mise à jour affichée le 16 juillet 2026, consultée le 13 août 2026.
Perplexity, dans sa documentation destinée aux webmestres, à propos de l'agent qui sert les questions posées par ses utilisateurs :
« Since a user requested the fetch, this fetcher generally ignores robots.txt rules. »
Ma traduction : puisqu'un utilisateur a demandé la récupération, ce récupérateur ignore généralement les règles du robots.txt. Source : Perplexity, « PerplexityBot », docs.perplexity.ai. Consultée le 13 août 2026.
OpenAI, à propos de l'agent utilisé quand quelqu'un pose une question à ChatGPT :
« ChatGPT-User is not used for crawling the web in an automatic fashion. Because these actions are initiated by a user, robots.txt rules may not apply. »
Ma traduction : ChatGPT-User n'est pas utilisé pour explorer le web de façon automatique. Parce que ces actions sont initiées par un utilisateur, les règles du robots.txt peuvent ne pas s'appliquer. Source : OpenAI, « Overview of OpenAI Crawlers », platform.openai.com. Consultée le 13 août 2026.
Ce n'est pas de la mauvaise volonté, et il faut le dire honnêtement, sinon on comprend de travers. La distinction que font les trois éditeurs est la même, et elle a une logique :
| Type d'accès | Respecte le robots.txt ? |
|---|---|
| Exploration automatique (constitution d'un index, entraînement) | Oui. C'est le cas nominal, et c'est là que vos règles s'appliquent |
| Récupération demandée par un humain (quelqu'un pose une question, colle votre adresse) | Non, ou pas nécessairement |
Le raisonnement des éditeurs : quand une personne demande explicitement une page, la visite est assimilée à celle d'un visiteur, pas à celle d'un robot. On peut le contester, mais on ne peut pas dire qu'il est caché : les trois l'écrivent dans leur documentation publique.
Ce que ça implique concrètement : votre robots.txt gouverne bien ce qui alimente les index et les entraînements. Il ne gouverne pas ce qui se passe quand un utilisateur demande votre page à un assistant. Ce sont deux robinets différents, et le fichier n'en ferme qu'un.
Ne basculez pas dans le contresens inverse. Cet article ne dit pas que le robots.txt est inutile, ni que les IA font n'importe quoi. Il dit que ce fichier couvre l'exploration automatique, qui est le gros du volume, et pas les récupérations demandées par un humain. Le garder correctement réglé reste la première chose à faire. C'est la promesse d'étanchéité qui est fausse, pas l'outil.
Première : un contenu réellement confidentiel n'a rien à faire derrière un robots.txt. Ce fichier est une demande de politesse, publique de surcroît : il énumère au monde entier les adresses que vous préférez cacher. Ce qui doit être protégé se protège par un mot de passe ou par une vraie restriction d'accès, pas par une ligne dans un fichier texte.
Seconde : bloquer ne vous rend pas invisible dans les réponses. Si quelqu'un colle votre adresse dans un assistant, la page sera très probablement lue. Et si vous avez bloqué l'exploration automatique, l'assistant travaillera sur ce qu'il trouve à cet instant, sans le contexte de votre site. Vous n'avez pas supprimé la citation, vous l'avez rendue moins bien informée.
Décidez robinet par robinet, pas en bloc. Refuser l'entraînement des modèles, garder l'indexation pour les moteurs de recherche des assistants, c'est un réglage à deux vitesses, et il est parfaitement faisable. Les trois éditeurs documentent des agents distincts pour ça, précisément pour permettre ce choix.
Ne payez pas pour une garantie d'étanchéité. Aucun prestataire ne peut vous la donner avec un robots.txt, et les documentations que je viens de citer suffisent à le prouver en trois minutes.
Vérifiez ce que votre extension écrit vraiment. Beaucoup d'extensions ajoutent des blocages sans dire lesquels. Ouvrez votre fichier, à la racine de votre site : c'est une adresse publique, vous pouvez la lire comme n'importe qui.
Et retenez le principe : le robots.txt exprime une préférence à des systèmes qui ont accepté de la respecter, dans les cas où ils ont dit qu'ils la respecteraient. C'est utile, c'est même indispensable, mais ce n'est pas une serrure.
J'ai téléchargé les trois documentations le 13 août 2026 et je les ai analysées en texte intégral. Les citations sont reprises mot pour mot dans leur langue d'origine, avec ma traduction annoncée comme telle. Chacune vient du site de l'éditeur concerné : je ne cite aucun annuaire de robots ni aucun article tiers sur ce sujet, parce que c'est exactement le terrain où les recopies se propagent.
Je n'ai pas vérifié dans des journaux de serveur si ces agents respectent ou non les règles en pratique. Ce serait une mesure intéressante, et elle demanderait de vérifier l'identité des robots par leurs plages d'adresses publiées, pas par leur signature déclarée. C'est le sujet d'une autre publication.
Cet article n'utilise aucune donnée d'aucun site utilisateur.
Je dirige Rank Press, qui édite des agents IA pour WordPress, et l'un d'eux écrit précisément des signaux destinés aux robots d'IA dans le robots.txt des sites de nos clients. Je vends donc l'outil dont cet article décrit les limites.
C'est pour ça que nous ne promettons pas d'étanchéité, et que cet article existe : un client qui croirait avoir tout fermé avec notre agent se ferait une fausse idée, et il finirait par le découvrir tout seul.
Si le sujet vous concerne côté site, l'un de nos agents est gratuit et publié sur le répertoire officiel de WordPress : il pose les données structurées, la fiche de marque publique et ces signaux, sans compte ni clé API. Vous pouvez tout aussi bien refermer cette page sans rien installer, c'est le principe.
Une erreur dans cet article, une source qui contredit ce que j'écris, ou un point que j'aurais mal compris : écrivez-moi à contact@rankpress.com. Je corrige ce qui doit l'être.
Cet article fait partie de l'Observatoire Rank Press, une publication qui lit les documentations officielles pour vous.