Dans les listes de robots à bloquer qui circulent, un nom revient toujours : CCBot, le robot de Common Crawl. La croyance qui va avec : cette organisation aurait copié votre site en entier, et cette copie servirait à entraîner toutes les IA du marché. Comme souvent dans cette série, la documentation officielle dit quelque chose de plus précis, de plus intéressant, et de plus utile pour décider quoi faire.
« Common Crawl's dataset is a sample of the web, and we do not generally archive any entire website but a randomly selected subset of it. »
Ma traduction : le jeu de données de Common Crawl est un échantillon du web, et nous n'archivons généralement pas un site entier, mais un sous-ensemble de celui-ci choisi au hasard. Source : Common Crawl, foire aux questions officielle, commoncrawl.org. Consultée et analysée en texte intégral le 15 août 2026.
Un échantillon, pas une copie. Votre site est peut-être dans les archives, mais probablement pas en entier, et sa présence même tient en partie du tirage. La même FAQ décrit la mission : une organisation à but non lucratif qui met une « copie de l'Internet » à disposition des chercheurs, des entreprises et des particuliers, gratuitement, pour la recherche et l'analyse. Notez l'honnêteté du grand écart, assumé dans le même document : la mission parle d'une copie de l'Internet, la pratique d'un échantillon du web. Et notez le mot « entreprises » : les archives sont ouvertes à tous, y compris à ceux qui entraînent des modèles. C'est ce qui a mis Common Crawl au centre de l'attention, alors que l'organisation elle-même n'entraîne rien.
Cette série a documenté des robots qui ignorent robots.txt sur demande d'un utilisateur, des règles qui engagent des robots qu'on ne connaît pas, et une consigne de ralentissement traitée de quatre façons différentes. CCBot, lui, coche à peu près toutes les cases de la politesse documentée :
« CCBot is an automated crawler, checking first the robots.txt, and if crawling a page is allowed, fetches pages using HTTP GET requests. [...] CCBot follows up to four consecutive HTTP redirects, or up to five when fetching robots.txt in line with RFC 9309. »
Ma traduction : CCBot est un robot automatisé, qui consulte d'abord le robots.txt et, si l'exploration d'une page est autorisée, la récupère par des requêtes HTTP classiques. Il suit jusqu'à quatre redirections consécutives, ou cinq pour le robots.txt, conformément au RFC 9309. Source : même FAQ, consultée le 15 août 2026.
Le RFC 9309, c'est le standard officiel du protocole d'exclusion des robots : CCBot déclare s'y conformer explicitement. La FAQ ajoute : « We obey the Crawl-delay parameter for robots.txt » (nous obéissons au paramètre Crawl-delay du robots.txt), ce qui en fait une cinquième réponse à la question documentée dans l'article sur cette consigne : Google ne la traite pas, Apple ne la suit pas, Amazon ne la prend pas en charge, Anthropic la respecte « quand c'est approprié », et Common Crawl obéit, tout court. Enfin, les adresses IP du robot sont publiées, avec vérification par résolution inverse : « CCBot is now run on dedicated IP address ranges with reverse DNS. This allows webmasters to verify whether a logged request stems from the real CCBot » (CCBot tourne désormais sur des plages d'adresses dédiées avec résolution inverse, ce qui permet aux webmestres de vérifier si une requête vient du vrai CCBot). C'est exactement l'outil qui manque pour la plupart des robots dont un nom apparaît dans vos journaux.
« Add these lines to your robots.txt file and our crawler will stop crawling your website: User-agent: CCBot / Disallow: / [...] We will periodically continue to check if the robots.txt file has been updated. You may also wish to be added to our opt-out registry. »
Ma traduction : ajoutez ces lignes à votre robots.txt et notre robot cessera d'explorer votre site. Nous continuerons de vérifier périodiquement si le fichier a été mis à jour. Vous pouvez aussi demander à être ajouté à notre registre de retrait. Source : même FAQ, consultée le 15 août 2026.
Deux niveaux, donc : le blocage classique par robots.txt pour l'avenir, et un registre de retrait pour le reste. Ce second niveau est une rareté : la plupart des acteurs documentés dans cette série ne proposent rien pour les données déjà collectées. Ici, une organisation qui archive depuis des années offre une porte de sortie explicite, décrite dans sa propre documentation.
Ce que le blocage ne fera jamais. Bloquer CCBot aujourd'hui empêche les prochains passages. Le registre de retrait traite les archives existantes. Mais aucun des deux ne fait « désapprendre » un modèle déjà entraîné sur un instantané passé : ce qui a été appris est appris. Et l'inverse est vrai aussi : viser Common Crawl, c'est viser un intermédiaire. L'organisation archive pour tout le monde, chercheurs compris ; ce sont les usages en aval qui vous concernent peut-être, et ils ne passent pas tous par elle. Bloquer le robot le mieux documenté du paysage n'a jamais arrêté les moins documentés.
Si vous voulez en sortir : les deux lignes de robots.txt citées plus haut, plus le registre de retrait pour ce qui est déjà archivé. C'est l'un des rares refus complets et documentés que vous puissiez exprimer dans ce paysage.
Si vous préférez y rester : c'est une position défendable aussi. Ces archives alimentent la recherche publique et une partie des corpus dont se nourrissent les systèmes qui, demain, citeront ou non votre secteur. La FAQ précise que le robot lit les plans de site annoncés dans robots.txt ; c'est le même fichier de plan de site qui sert déjà votre référencement classique.
Dans vos journaux serveur : un « CCBot » qui se comporte mal n'est probablement pas CCBot. Les plages d'adresses officielles sont publiées et vérifiables par résolution inverse ; l'usurpation de noms de robots connus est documentée, y compris par les éditeurs eux-mêmes. Vérifiez l'adresse avant d'accuser le nom.
La foire aux questions officielle de Common Crawl a été téléchargée et analysée en texte intégral le 15 août 2026. Toutes les citations sont reprises mot pour mot, avec ma traduction annoncée comme telle. Les coupes dans les citations longues sont signalées entre crochets.
Je ne cite aucun chiffre de volume d'archives, et je ne liste pas quels modèles d'IA ont été entraînés sur ces données : ces affirmations circulent largement, mais je ne les ai pas vérifiées à la source primaire, donc elles attendent. L'article s'en tient à ce que Common Crawl documente lui-même.
Cet article ne contient aucune mesure de notre part et n'utilise aucune donnée d'aucun site utilisateur.
Je dirige Rank Press, qui édite des agents IA pour WordPress, dont un agent qui gère les signaux adressés aux robots, celui de Common Crawl compris. Nous avons intérêt à ce que ces choix soient compris plutôt que subis : c'est ce que cet article essaie de permettre, dans les deux sens, y compris celui de rester dans les archives.
Si le sujet vous concerne côté site, l'un de nos agents est gratuit et publié sur le répertoire officiel de WordPress, sans compte ni clé API. Vous pouvez tout aussi bien refermer cette page sans rien installer, c'est le principe.
Une erreur dans cet article, une source qui contredit ce que j'écris, ou un point que j'aurais mal compris : écrivez-moi à contact@rankpress.com. Je corrige ce qui doit l'être.
Cet article fait partie de l'Observatoire Rank Press, une publication qui lit les documentations officielles pour vous.