Toute cette série cite des documentations en anglais, avec mes traductions. Voici l'exception : l'éditeur d'IA dont la documentation des robots existe officiellement en français est français, il s'appelle Mistral, et le marché francophone qui se demande « comment être visible dans les IA » ne lit même pas celle-là.
La page officielle décrit trois agents distincts. MistralAI-User pour les visites déclenchées par un utilisateur de l'assistant (rebaptisé Vibe cet été, l'ancien Le Chat). MistralAI-Index pour l'indexation. MistralAI-Training pour l'entraînement :
« MistralAI-Training crawls web content to help build datasets for training Mistral generative AI models. Webmasters can disallow this user agent in their robots.txt file. This crawler is not used for search indexing or to answer live user queries in Vibe. »
Ma traduction : MistralAI-Training explore le web pour aider à constituer les jeux de données d'entraînement des modèles de Mistral. Les webmestres peuvent l'interdire dans leur robots.txt. Ce robot ne sert ni à l'indexation, ni aux réponses en direct dans Vibe. Source : Mistral AI, documentation des robots, docs.mistral.ai, sans date de mise à jour affichée, consultée le 15 août 2026. La même page précise pour l'indexation : « Content crawled by MistralAI-Index is not used for generative AI training of any kind » (le contenu exploré par MistralAI-Index n'est utilisé pour aucune forme d'entraînement génératif).
Ce découpage étanche, on l'a vu chez Amazon hier : c'est en train de devenir le standard de fait du secteur. Refuser l'entraînement sans disparaître des réponses, ou l'inverse, est un réglage à deux lignes, à condition de connaître les noms.
« MistralAI-User détermine les sites que ces requêtes utilisateur peuvent consulter. Il ne sert pas à explorer le web de façon automatique ni à collecter du contenu pour l'entraînement de modèles d'IA générative. »
Citation directe de la version française officielle de la documentation, docs.mistral.ai/fr/robots, consultée le 15 août 2026. La version anglaise écrit : « MistralAI-User governs which sites these user requests can be made to. »
Relisez à la lumière du reste de cette série : Google, Perplexity, OpenAI, Meta et Amazon documentent tous les cinq que leur robot de visites à la demande peut ignorer robots.txt. Mistral présente le sien comme gouverné par vos règles : le jeton MistralAI-User dans votre robots.txt détermine ce que les requêtes des utilisateurs de Vibe peuvent consulter. Sur le papier, le seul récupérateur à la demande du marché qui se déclare aux ordres de votre fichier.
Mistral publie les adresses officielles de ses robots dans des fichiers publics au même format que Google (mistralai-user-ips.json, et son jumeau pour l'indexation). Au jour de ma consultation, le fichier du robot utilisateur contenait quatre adresses. J'ai écrit ici que n'importe qui peut se faire passer pour ChatGPT dans vos journaux : la parade, c'est précisément ces listes. Quatre adresses à comparer, c'est une vérification à la portée de n'importe qui.
Sur l'actualité, le web ouvert est court-circuité, et c'est documenté. La documentation du mode professionnel de Vibe écrit : « Pour les requêtes liées à l'actualité, Work s'appuie sur des partenaires professionnels comme Agence France-Presse (AFP) et Associated Press (AP), afin de garantir des résultats provenant de sources vérifiées ». Autrement dit, sur ces requêtes-là, les réponses viennent d'agences sous licence, pas de votre site : publier de l'actualité ne suffit pas pour être cité, le canal est contractuel. C'est la même leçon que la liste blanche des développeurs, vue il y a trois jours : une partie de la visibilité dans les IA se joue à des tables où votre site n'est pas assis.
Si votre clientèle est francophone : l'assistant de Mistral est distribué partout en France, et ses robots ont des noms précis. Les connaître coûte dix minutes, dans une documentation écrite dans votre langue. C'est la plus accessible du marché, commencez par elle.
Si vous triez vos autorisations robot par robot (et toute cette série plaide pour ça) : chez Mistral, le refus d'entraînement s'écrit sans toucher ni à l'indexation ni aux visites des utilisateurs. Trois décisions séparées, comme chez Amazon.
Si vous voyez « Mistral » dans vos journaux : comparez l'adresse aux fichiers publics avant d'en conclure quoi que ce soit. Une visite qui n'en vient pas n'est pas Mistral.
J'ai téléchargé les pages officielles (versions anglaise et française) et les fichiers d'adresses le 15 août 2026, et je les ai analysés en texte intégral. Les citations françaises sont directes ; les anglaises sont traduites par moi, et annoncées comme telles. Aucune de ces pages n'affiche de date de mise à jour : je le signale plutôt que d'en inventer une.
« Le seul récupérateur à la demande qui se déclare gouverné par robots.txt » est borné aux six documentations lues pour cette série (Google, OpenAI, Perplexity, Meta, Amazon, Mistral) : je n'affirme rien au-delà, et je décris ce que la documentation déclare, pas un comportement que j'aurais mesuré.
Un repérage automatisé m'a signalé ces pages ; je les ai rouvertes et relues moi-même avant d'écrire.
Cet article ne contient aucune mesure de notre part et n'utilise aucune donnée d'aucun site utilisateur.
Je dirige Rank Press, société belge qui édite des agents IA pour WordPress, dont un agent qui gère les signaux adressés aux robots d'IA. Nous n'avons aucun lien commercial avec Mistral ; nos propres produits utilisent d'autres fournisseurs de modèles, ce qui fait de nous un client de ses concurrents, et vous devez le savoir en lisant un article qui lui est plutôt favorable. Les citations sont verbatim et les sources publiques : tout se revérifie sans moi.
Si le sujet vous concerne côté site, l'un de nos agents est gratuit et publié sur le répertoire officiel de WordPress, sans compte ni clé API. Vous pouvez tout aussi bien refermer cette page sans rien installer, c'est le principe.
Une erreur dans cet article, une source qui contredit ce que j'écris, ou un point que j'aurais mal compris : écrivez-moi à contact@rankpress.com. Je corrige ce qui doit l'être.
Cet article fait partie de l'Observatoire Rank Press, une publication qui lit les documentations officielles pour vous.