Pour autoriser un robot d'IA, vous n'avez en général rien à écrire : un robot que votre fichier ne nomme pas applique le groupe User-agent: *, et tout ce qui n'y est pas interdit lui est permis. Pour en bloquer un, deux lignes suffisent : son nom exact après User-agent:, puis Disallow: /. Le vrai travail consiste à choisir le bon nom, car les grands éditeurs séparent désormais le robot qui entraîne leurs modèles de celui qui vous fait apparaître dans leurs réponses.
Cet article fait partie de notre guide de la visibilité dans les IA. Les noms et effets décrits viennent des pages officielles des éditeurs et de la norme RFC 9309, relues le 14 octobre 2026.
Le fichier se place à la racine du site (votresite.fr/robots.txt), en texte brut. Il se découpe en groupes : une ou plusieurs lignes User-agent: qui nomment des robots, suivies de règles Allow: (autorisé) ou Disallow: (interdit) qui portent sur un début d'adresse. La norme qui le décrit, la RFC 9309 publiée par l'IETF en septembre 2022, tient en trois règles :
User-agent: *.La première règle a une conséquence que beaucoup de sites oublient : dès qu'un robot a son propre groupe, il ne lit plus le groupe général. Google l'écrit sans détour dans sa documentation :
« User agent specific groups and global groups (*) are not combined. »
Notre traduction : les groupes propres à un robot et le groupe général (*) ne sont pas combinés. Source : Google, « How Google interprets the robots.txt specification », mise à jour affichée le 31 août 2026.
Prenons ce fichier :
User-agent: *
Disallow: /wp-admin/
Disallow: /mon-compte/
User-agent: GPTBot
Allow: /
GPTBot ne lit que ses deux dernières lignes : l'interdiction sur /mon-compte/ ne le concerne plus. Si vous créez un groupe pour un robot, recopiez-y toutes les interdictions qui doivent rester valables pour lui.
Deux précisions pratiques. Le fichier ne vaut que pour l'adresse où il se trouve : Anthropic demande de faire la manipulation pour chaque sous-domaine que vous voulez protéger. Et un changement n'est pas instantané : la RFC autorise un robot à garder le fichier en mémoire jusqu'à 24 heures. OpenAI (pour sa recherche) et Amazon annoncent environ 24 heures avant de tenir compte d'une modification, Perplexity et Meta 24 heures au plus, et DuckDuckGo 72 heures.
OpenAI, Anthropic, Perplexity et Mistral AI publient chacun plusieurs robots aux rôles distincts. Google et Apple, eux, proposent un jeton : un nom qui n'explore rien mais qui dit ce que vous acceptez qu'on fasse de vos contenus. Voici les noms à écrire après User-agent:, avec ce que chaque éditeur dit lui-même de l'effet d'un blocage.
| Nom à écrire | Éditeur | Rôle déclaré | Effet d'un blocage, selon l'éditeur |
|---|---|---|---|
| GPTBot | OpenAI | Collecter des contenus pour entraîner ses modèles | Vos contenus ne doivent plus servir à cet entraînement ; réglage indépendant de la recherche |
| OAI-SearchBot | OpenAI | Faire apparaître des sites dans la recherche de ChatGPT | Vous n'apparaissez plus dans ses réponses de recherche, sauf comme simple lien de navigation |
| ChatGPT-User | OpenAI | Visiter une page quand un utilisateur pose une question | Les règles de robots.txt « peuvent ne pas s'appliquer » à ces visites |
| ClaudeBot | Anthropic | Collecter des contenus pour l'entraînement | Signale que vos futurs contenus doivent être exclus de l'entraînement |
| Claude-SearchBot | Anthropic | Indexer le web pour la recherche de Claude | Votre contenu n'est plus indexé pour la recherche ; votre visibilité peut baisser |
| Claude-User | Anthropic | Visiter une page à la demande d'un utilisateur | Claude ne peut plus récupérer votre page pour répondre |
| PerplexityBot | Perplexity | Faire apparaître et lier des sites dans ses résultats, sans entraînement | Perplexity recommande de l'autoriser pour apparaître dans ses résultats |
| Perplexity-User | Perplexity | Visiter une page à la demande d'un utilisateur | Ce robot ignore en général robots.txt, écrit Perplexity |
| Google-Extended | Jeton : entraînement des futurs modèles Gemini et ancrage des réponses dans les applications Gemini et Vertex AI | Aucun effet sur votre présence dans la recherche Google, ni sur votre classement | |
| Applebot-Extended | Apple | Jeton : entraînement des modèles d'Apple ; il n'explore aucune page | Vos pages peuvent rester dans les résultats de recherche d'Apple |
| MistralAI-Training | Mistral AI | Collecter des contenus pour entraîner ses modèles | Mistral indique qu'on peut l'interdire, sans détailler l'effet |
| MistralAI-Index | Mistral AI | Indexer le web pour la recherche de son assistant, sans entraînement | Non précisé par Mistral |
| MistralAI-User | Mistral AI | Visiter une page à la demande d'un utilisateur | Mistral présente ce robot comme soumis à vos règles |
Retenez la ligne de partage : bloquer GPTBot ou ClaudeBot ne vous sort pas des réponses de ChatGPT ou de Claude. OpenAI le dit en toutes lettres : chaque réglage est indépendant des autres. Nous détaillons le cas d'OpenAI dans notre article sur GPTBot et comparons tous ces robots dans notre guide des robots des IA.
Google n'a pas de robot réservé à ses Aperçus IA : ils passent par Googlebot, le robot de sa recherche. Sa documentation l'explique ainsi :
« AI is built into Search and integral to how Search functions, which is why robots.txt directives for Googlebot is the control for site owners to manage access to how their sites are crawled for Search. »
Notre traduction : l'IA est intégrée à la recherche et fait partie de son fonctionnement ; c'est pourquoi les directives de robots.txt adressées à Googlebot sont le moyen dont disposent les propriétaires de sites pour gérer l'exploration de leurs pages pour la recherche. Source : Google Search Central, « AI features and your website ».
Autrement dit, la seule ligne de robots.txt qui touche les Aperçus IA est celle qui vise Googlebot, et elle vaut pour toute la recherche Google, pas seulement pour l'IA. Pour limiter ce que Google montre de vos pages, sa documentation renvoie à des balises (nosnippet, max-snippet, noindex). Une erreur répandue consiste à croire que bloquer Google-Extended vous fait sortir des Aperçus IA : nous la démontons dans Google-Extended ne vous retire pas des Aperçus IA. Notez au passage que Google-Extended couvre aussi l'ancrage dans les applications Gemini : le bloquer peut vous priver de ce rôle de source chez Gemini, sujet que nous traitons dans être cité par Gemini.
Microsoft a choisi une autre voie dans son billet de septembre 2023 : pas de robot d'IA à nommer, mais des balises placées dans vos pages (noarchive et nocache) pour limiter l'usage de vos contenus dans les réponses de son assistant, alors appelé Bing Chat. Ces pages restent dans ses résultats de recherche. Ses pages d'aide actuelles le confirment : noarchive retire le lien vers votre page dans Copilot et exclut le contenu de l'entraînement des modèles de Microsoft, nocache limite l'usage à l'adresse, au titre et à l'extrait, et l'emporte si les deux balises sont posées. Le détail est dans être cité par Microsoft Copilot et Bing.
Meta documente Meta-ExternalAgent (entraînement ou indexation pour ses produits), Meta-WebIndexer (recherche de Meta AI) et Meta-ExternalFetcher (visites à la demande, qui peuvent contourner robots.txt). Amazon documente Amazonbot (ses produits, entraînement possible), Amzn-SearchBot (recherche, par exemple pour Alexa) et Amzn-User (visites à la demande).
Vous n'avez rien à ajouter. Sur un WordPress sans fichier écrit à la main, WordPress produit lui-même ces trois lignes, d'après le code de sa fonction do_robots (plus, depuis la version 5.5, une ligne Sitemap vers son plan du site) :
User-agent: *
Disallow: /wp-admin/
Allow: /wp-admin/admin-ajax.php
Tous les robots d'IA que ce fichier ne nomme pas peuvent explorer le site entier, sauf l'administration. Depuis la version 5.3, la case de WordPress qui demande aux moteurs de ne pas indexer le site n'écrit plus d'interdiction dans robots.txt : elle passe par une balise dans les pages.
Plusieurs lignes User-agent: à la suite partagent les mêmes règles. Ce bloc refuse l'entraînement chez OpenAI, Anthropic, Google, Apple et Mistral AI :
User-agent: GPTBot
User-agent: ClaudeBot
User-agent: Google-Extended
User-agent: Applebot-Extended
User-agent: MistralAI-Training
Disallow: /
Les robots de recherche (OAI-SearchBot, Claude-SearchBot, PerplexityBot, MistralAI-Index) ne sont pas nommés : ils suivent votre groupe général et restent autorisés. Deux cas demandent réflexion avant de les ajouter à la liste : Meta-ExternalAgent et Amazonbot servent à la fois l'entraînement et d'autres usages, que vous couperiez aussi. Et Google-Extended, nous l'avons vu, compte aussi pour l'ancrage dans Gemini.
Si vous ne voulez pas, par exemple, que la recherche de ChatGPT reprenne une grille de tarifs réservée à vos revendeurs, donnez un groupe à OAI-SearchBot et recopiez-y vos interdictions générales :
User-agent: *
Disallow: /wp-admin/
Disallow: /espace-client/
User-agent: OAI-SearchBot
Disallow: /wp-admin/
Disallow: /espace-client/
Disallow: /tarifs-revendeurs/
Sans les deux premières lignes du second groupe, OAI-SearchBot aurait le droit d'explorer /wp-admin/ et /espace-client/, puisqu'il ne lit plus le groupe général.
Tout bloquer a un prix. Un bloc qui interdit aussi les robots de recherche vous retire des réponses qui citent leurs sources, et les visites lancées par un utilisateur peuvent continuer chez certains éditeurs. Avant de le faire, lisez ce que les éditeurs eux-mêmes disent que vous perdez en bloquant les IA.
Nous avons vérifié le 14 octobre 2026 le fichier robots.txt de notre propre site, puis nous l'avons fait lire par un petit script qui applique les règles de la RFC 9309. En voici un extrait raccourci (les parenthèses marquent nos coupes) :
User-agent: *
Disallow: /wp-admin/
Allow: /wp-admin/admin-ajax.php
(…)
User-agent: OAI-SearchBot
User-agent: ChatGPT-User
User-agent: Claude-SearchBot
User-agent: Claude-User
User-agent: PerplexityBot
User-agent: Perplexity-User
User-agent: DuckAssistBot
User-agent: MistralAI-User
User-agent: Amzn-SearchBot
Allow: /
Disallow: /wp-admin/
User-agent: *
Content-Signal: search=yes, ai-input=yes, ai-train=yes
(…)
Ce que nous y avons constaté :
Le même jour, nous avons appelé notre page d'accueil en nous présentant sous les signatures de GPTBot, OAI-SearchBot, ClaudeBot et PerplexityBot : quatre réponses normales (code 200). Ce test montre seulement que notre pare-feu ne refuse pas ces noms. Il ne prouve pas que les vrais robots passent, puisque nous n'utilisions pas leurs adresses, et n'importe qui peut emprunter une signature : nous l'expliquons dans n'importe qui peut se faire passer pour ChatGPT.
D'abord parce que robots.txt est une demande, pas une serrure. La RFC 9309 le dit dès son introduction :
« These rules are not a form of access authorization. »
Notre traduction : ces règles ne sont pas une forme d'autorisation d'accès. Source : IETF, RFC 9309, « Robots Exclusion Protocol », septembre 2022.
La même norme rappelle qu'écrire un chemin dans robots.txt le rend public : pour un contenu vraiment privé, il faut un mot de passe, pas une ligne de texte. Ensuite, plusieurs limites concrètes :
Commencez par ouvrir votresite.fr/robots.txt dans votre navigateur : ce qui s'affiche est la seule chose que les robots lisent, quelle que soit l'extension qui l'a écrit. Sur un site sans fichier écrit à la main, c'est WordPress qui le produit, et une extension peut le compléter par le filtre robots_txt, comme le fait la nôtre. Si votre extension SEO propose un éditeur de robots.txt, passez par lui plutôt que de créer un second fichier : vous éviterez deux versions qui se contredisent.
Après chaque modification, rouvrez l'adresse, puis comptez jusqu'à 24 heures chez la plupart des éditeurs, et 72 heures chez DuckDuckGo, avant que les robots n'en tiennent compte. Gardez le fichier court : Google ignore ce qui dépasse 500 kibioctets, et chaque nom ajouté est une ligne de plus à tenir à jour.
Le plugin gratuit Rank Press AI Visibility, publié sur le répertoire officiel de WordPress, met en place llms.txt, les données structurées, une fiche de marque publique et le suivi des visites des robots d'IA. Sans compte et sans clé API.
Découvrir le plugin gratuitou confier tout le travail à un agent IAUne erreur, ou une source qui contredit cet article : écrivez-nous à contact@rankpress.com, nous corrigeons ce qui doit l'être.
Cet article fait partie du guide Visibilité dans les IA.